Beauté & Coiffure

Désépaissir les cheveux : quel ciseau choisir

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Désépaissir les cheveux : quel ciseau choisir

Pour désépaissir les cheveux, le coiffeur prend un ciseau à effiler : une lame dentée, parfois deux, qui ne coupe qu’une partie des cheveux de chaque mèche. Plus les dents sont espacées, plus l’outil retire de matière. Le bon choix dépend de l’épaisseur, de la texture et de la zone à alléger.

Ce que fait un ciseau à désépaissir, et ce qu’il ne fait pas

Un ciseau droit tranche toute la mèche d’un coup, sur une ligne nette. Le ciseau à effiler porte des dents sur son tranchant, à la manière d’un peigne. Quand il se referme, seuls les cheveux pris entre les dents et la lame opposée sont coupés. Les autres glissent dans les creux et gardent leur longueur.

Résultat : la mèche perd une partie de sa masse sans perdre sa longueur. C’est tout l’intérêt de l’outil sur une chevelure dense, qui gonfle dès qu’elle sèche ou qui pèse sur la nuque. Une coupe au ciseau droit raccourcirait l’ensemble, alors que le ciseau à dents garde la ligne et vide l’intérieur.

Le revers découle du même principe. Les cheveux coupés au milieu de la masse deviennent des cheveux courts, cachés sous les longs. En repoussant, ils soutiennent les longueurs, si bien qu’une masse mal allégée peut paraître plus gonflée quelques semaines plus tard. Le désépaississement demande donc de la mesure et un entretien régulier, pas un grand coup de ciseau une fois par an.

Autre point : l’outil n’agit que sur la tige, la partie visible du cheveu. Il ne change ni le nombre de cheveux ni leur diamètre à la repousse, qui dépendent des follicules logés sous le cuir chevelu. Un effilage allège une coiffure, il ne transforme pas une nature de cheveu.

Ciseau à effiler à lame dentée posé à côté d’un ciseau droit sur une serviette grise, quelques mèches châtain coupées éparpillées autour

Dents larges, dents fines : lire la lame plutôt que le nom

Le vocabulaire varie d’un fabricant à l’autre, et c’est la première source de confusion. Certains vendeurs réservent le mot « sculpteur » au modèle qui associe une lame lisse et une lame dentée, et parlent d’effileur quand les deux lames portent des dents. D’autres appellent sculpteur tout modèle à dents larges et peu nombreuses. Regardez donc la lame plutôt que l’étiquette.

Le critère qui décide de l’effet reste l’écartement des dents. Des dents larges et espacées retirent des mèches entières, visibles, qui creusent la coupe et lui donnent de la texture. Des dents fines et serrées enlèvent peu de cheveux à chaque fermeture et fondent le résultat dans la masse. Le nombre de dents varie beaucoup d’un modèle à l’autre, et deux ciseaux vendus sous le même nom peuvent se comporter très différemment.

LameCe qu’elle retireUsage courant au salonÀ surveiller
Dents fines et serréesPeu de cheveux par fermetureFondre une ligne de coupe, alléger les pointesEffet discret qui pousse à multiplier les passages
Dents moyennesUne part modérée de la mècheDésépaissir la masse d’une chevelure denseTrous si les passages se superposent au même endroit
Dents larges et espacéesDes mèches entièresTexturer une coupe courte ou un dégradéMarques visibles sur des cheveux raides et lisses
Ciseau droit, pour repèreToute la mècheCouper la longueur, tracer la ligneAucun allègement de la masse

Pour une chevelure épaisse qui gonfle, les dents moyennes offrent le compromis habituel : assez de matière retirée pour alléger, assez de discrétion pour ne pas marquer. Les dents larges relèvent plutôt des coupes courtes travaillées et des dégradés, où une séparation visible fait partie du dessin.

L’état de la lame compte autant que sa forme. Une lame bien affûtée tranche le cheveu d’un coup net, alors qu’une lame fatiguée le repousse ou le plie avant de le couper, et laisse une extrémité effilochée. Le test tient en un geste : pincez une mèche mouillée entre deux doigts et refermez le ciseau dessus. S’il chasse les cheveux au lieu de les trancher, il doit passer chez un affûteur. Les dents, plus fines que le reste de la lame, se faussent aussi au moindre choc, et une seule dent tordue suffit à accrocher les cheveux. Rangez le ciseau fermé dans un étui et réservez-le à des cheveux propres et démêlés.

Quelles chevelures gagnent à être désépaissies

Le désépaississement sert d’abord les cheveux épais et denses, raides ou légèrement ondulés, qui forment un bloc difficile à coiffer. Sur eux, alléger la masse sous la couche de surface donne du mouvement sans raccourcir la coupe.

Les cheveux fins se prêtent mal à l’exercice. Ils manquent déjà de matière, et en retirer rend les pointes transparentes et la coupe plate. Pour eux, une ligne nette donne plus d’effet qu’un effilage, et le volume se travaille par la forme de la coupe : notre guide pour choisir sa coupe selon son visage montre où placer ce volume.

Les cheveux bouclés, frisés et crépus demandent une vraie prudence. Chaque cheveu coupé court au milieu d’une boucle se redresse et casse le dessin de la boucle, avec un effet de frisottis. La fibre y est aussi plus exposée : d’après la revue « Hair Cosmetics: An Overview » de Maria Fernanda Gavazzoni Dias (International Journal of Trichology, 2015), la cuticule compte six à huit couches d’écailles sur les cheveux asiatiques, un peu moins sur les cheveux européens et moins encore sur les cheveux d’origine africaine. Sur ces textures, la coupe boucle par boucle, à sec, remplace souvent l’effilage.

Reste les cheveux colorés ou décolorés. Leur fibre a déjà subi un traitement chimique, et une lame émoussée y mâche la matière au lieu de la trancher, un terrain favorable aux pointes fourchues. Une lame parfaitement affûtée et des passages comptés s’imposent.

Où et comment le ciseau travaille dans la masse

Le même ciseau peut alléger joliment ou trouer une coupe : tout se joue dans l’endroit et la manière. Au salon, le geste suit quelques règles constantes.

  1. Travailler loin des racines. Un cheveu coupé à ras du cuir chevelu se redresse en repoussant et soulève la mèche du dessus.
  2. Rester sous la couche de surface. Les cheveux du dessus, intacts, recouvrent le travail et gardent une coiffure lisse.
  3. Prendre des sections fines, une à la fois, avec un seul passage par section avant de peigner et de regarder.
  4. Privilégier les mi-longueurs et les pointes, là où la masse pèse vraiment.
  5. Vérifier sur cheveux secs. Une chevelure mouillée paraît plus plate et plus longue, et cache un excès d’allègement.

Le rythme compte aussi. Sur une chevelure épaisse, le désépaississement se refait en même temps que la coupe d’entretien, quand les cheveux courts ont assez repoussé pour regonfler la masse. Espacer ou rapprocher ces rendez-vous se décide avec le coiffeur, selon la vitesse à laquelle votre coupe perd sa forme et selon la saison : une masse dense supporte souvent moins bien la chaleur et l’humidité de l’été.

Le ciseau droit sait lui aussi alléger, par d’autres gestes. En coupe en pointes, les lames entrent verticalement dans l’extrémité de la mèche et y taillent de petites encoches. En effilage glissé, la lame entrouverte descend le long de la mèche. Ces techniques demandent une main exercée : un ciseau droit mal tenu en glissé coupe la mèche entière.

Mains d’un coiffeur tenant un ciseau à effiler dans une section de cheveux bruns épais soulevée au peigne, vue de dos, lumière de salon douce

Désépaissir soi-même : pourquoi le geste coince

L’envie de s’alléger la masse devant le miroir de la salle de bain se comprend. Le geste coince pourtant pour trois raisons. Vous ne voyez ni l’arrière ni le dessous de votre chevelure, précisément là où la masse s’accumule. Vous ne pouvez pas juger la symétrie entre les deux côtés. Et une mèche trop vidée ne se rattrape pas, elle se laisse repousser.

Si vous tentez malgré tout un léger allègement, limitez-vous aux mèches de devant et des côtés, sur les longueurs, avec un ciseau propre et affûté réservé aux cheveux. Faites un seul passage, séchez, peignez, puis décidez s’il en faut un second. Les ciseaux de cuisine ou de bureau sont à proscrire : leur tranchant écrase la fibre.

La nuque, le dessus du crâne et les chevelures bouclées restent l’affaire d’un professionnel. Une erreur sur ces zones se voit à chaque coiffage, et sa correction passe souvent par une coupe plus courte que prévu.

Chevelure châtain épaisse et légèrement ondulée vue de dos après une coupe allégée, pointes souples sur les épaules, fond de salon flou

Au salon : ce que vous pouvez demander

La coupe relève d’un métier réglementé. Depuis la loi n° 46-1173 du 23 mai 1946, chaque salon de coiffure doit être placé sous le contrôle effectif et permanent d’une personne qualifiée, titulaire du brevet professionnel ou du brevet de maîtrise de coiffure, ou d’un titre équivalent. Les bases de la coupe s’apprennent dès le CAP coiffure, puis se perfectionnent en salon.

Profitez de ce savoir-faire en posant trois questions avant que le ciseau n’entre en jeu : quelle zone sera allégée, avec quel outil, et dans quelle proportion. Un coiffeur qui explique sa méthode vous laisse la possibilité de dire stop. Demandez aussi une vérification sur cheveux secs avant de partir, surtout pour une première coupe.

Pour trouver la bonne personne, les critères de notre article sur le choix d’un bon coiffeur s’appliquent tels quels : spécialisation, avis lus avec recul, écoute pendant la consultation.

Prochaine étape : pincez une mèche à mi-longueur entre deux doigts et comparez son épaisseur à celle des pointes. Si la masse se concentre en bas, demandez un désépaississement des mi-longueurs aux pointes, au ciseau à dents moyennes, et un contrôle sur cheveux secs.