Santé Capillaire

Porosité des cheveux : test, niveaux et routine adaptée

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Porosité des cheveux : test, niveaux et routine adaptée

La porosité des cheveux mesure la capacité de la fibre à absorber et retenir l’eau selon l’état de ses écailles. Trois niveaux existent : faible quand la cuticule reste fermée, moyenne quand elle laisse passer la juste dose, forte quand elle est trop ouverte. Un simple verre d’eau suffit à la tester. Connaître la sienne évite d’acheter des soins qui alourdissent ou glissent sans effet.

Ce que veut vraiment dire la porosité

Chaque cheveu est recouvert d’une cuticule, une couche d’écailles de kératine emboîtées comme les tuiles d’un toit. Ces écailles s’ouvrent et se ferment. Leur position au repos décide de la quantité d’eau et de soin qui entre dans la fibre, puis de la vitesse à laquelle cette eau ressort. C’est ça, la porosité : le débit d’échange entre l’intérieur du cheveu et l’extérieur.

Une écaille bien plaquée protège le cortex, la partie interne qui porte la couleur et la résistance. Une écaille soulevée expose ce cortex à l’air, à l’eau et aux frottements. Selon Franck Provost, un cheveu poreux se reconnaît à sa tendance à sécher vite après le lavage tout en restant mal hydraté au quotidien, signe que l’eau entre et sort sans se fixer.

La porosité n’est pas un défaut moral de la fibre. Elle décrit un état. Un cheveu peu poreux n’est pas « meilleur » qu’un cheveu très poreux : chacun réclame juste une logique de soin opposée. Se tromper de camp, c’est nourrir un cheveu qui rejette le gras, ou gainer un cheveu qui a faim de protéines.

Les trois niveaux, en clair

La classification tient en trois familles. Repérer la vôtre oriente tout le reste de votre routine.

  • Faible porosité : écailles serrées, cheveu quasi imperméable. L’eau perle à la surface, les produits restent posés dessus. Séchage lent, sensation de film gras persistant.
  • Porosité moyenne : écailles souples et régulières. La fibre absorbe la bonne quantité d’eau et la garde. C’est l’état sain de référence, le plus facile à entretenir.
  • Forte porosité : écailles béantes, souvent sur cheveu abîmé, coloré ou âgé. La fibre boit tout puis relâche aussitôt. Résultat, un cheveu qui semble sec en permanence, mousse au lavage et casse aux pointes.

D’après Revlon Professional, la forte porosité est rarement d’origine génétique seule : elle résulte le plus souvent d’agressions cumulées qui ont arraché des écailles. La faible porosité, elle, est plus fréquemment naturelle, liée à une cuticule dense dès la naissance.

Un même cheveu peut d’ailleurs mélanger deux niveaux sur sa longueur. Les racines, jeunes et protégées, restent souvent peu poreuses, tandis que les pointes, exposées depuis des mois voire des années, virent à la forte porosité. C’est pour ça qu’une routine unique appliquée mèche entière échoue : le haut est alourdi pendant que le bas reste assoiffé. Traiter la longueur par zones règle une bonne part des déceptions de soin.

Le test du verre d’eau, pas à pas

Le test le plus fiable à la maison ne demande qu’un verre. La condition, souvent oubliée, décide du résultat : le cheveu doit être propre, sans aucun résidu de soin, sinon le film de silicone ou d’huile fausse la flottaison.

  1. Lavez un cheveu ou prélevez-en un tombé naturellement, jamais arraché.
  2. Remplissez un verre d’eau à température ambiante.
  3. Posez le cheveu à plat sur la surface, sans l’enfoncer.
  4. Attendez trois à cinq minutes sans remuer le verre.
  5. Lisez la position : en surface, au milieu, ou au fond.

Un cheveu qui flotte en surface signale une faible porosité, la fibre refuse d’absorber l’eau. Un cheveu qui descend à mi-hauteur indique une porosité moyenne. Un cheveu qui coule au fond révèle une forte porosité : il s’est gorgé d’eau en quelques minutes. Un cheveu qui reste entre deux eaux, ni tout à fait en surface ni au fond, confirme le plus souvent une porosité moyenne stable, le cas le plus courant sur cheveu peu traité.

Ce test donne une tendance, pas une mesure de laboratoire. La Bouclette rappelle que le résultat varie selon les produits utilisés la veille et le type de cheveu. Deux autres indices le complètent au quotidien : le temps de séchage, très long en faible porosité, très court en forte, et le toucher, lisse et glissant d’un côté, rêche et accrocheur de l’autre. Le test du toucher recoupe d’ailleurs celui qu’on utilise pour repérer les pointes fourchues, autre signal d’une cuticule entamée.

Pourquoi vos cheveux deviennent poreux

La porosité de départ est écrite dans les gènes, mais elle dérive sous les agressions. La fibre capillaire est morte : elle ne cicatrise pas, chaque dommage s’ajoute au précédent et ouvre un peu plus les écailles.

La chaleur arrive en tête. Lisseur, boucleur et sèche-cheveux trop chaud évaporent l’eau interne et fissurent la cuticule. La kératine se dégrade autour de 155 à 160 degrés selon les données de dermatologie capillaire, or nombre d’appareils dépassent 200 degrés. Chaque passage sans thermoprotecteur soulève des écailles qui ne se refermeront pas seules.

Les traitements chimiques creusent l’écart. Colorations, décolorations, défrisages et permanentes ouvrent volontairement la cuticule pour agir en profondeur. Une fibre traitée souvent reste ouverte, appauvrie en protéines. C’est le premier facteur de forte porosité acquise, comme le souligne Schwarzkopf sur les cheveux abîmés par les procédés techniques.

Les frottements finissent le travail : serviette éponge frictionnée sur cheveux mouillés, brosse bon marché, démêlage forcé, nuit contre une taie en coton. Ajoutez le soleil, le sel de mer et le chlore, qui assèchent et fragilisent, et une chevelure peu poreuse au départ glisse vers la forte porosité en quelques saisons. Ces déclencheurs recoupent souvent les causes d’une chute de cheveux : même terrain fragilisé, mêmes agresseurs.

La routine selon votre porosité

Un même soin ne peut pas convenir aux deux extrêmes. La logique s’inverse d’un niveau à l’autre : la faible porosité veut de la légèreté et de la chaleur douce pour faire entrer l’eau, la forte veut de la richesse et du froid pour la retenir.

CritèreFaible porositéForte porosité
ObjectifFaire pénétrer l’hydratationSceller et retenir l’eau
TexturesLégères (jojoba, pépins de raisin)Riches (karité, coco, ricin)
ProtéinesAvec parcimonieRégulières, kératine bienvenue
Rinçage finalEau tiède, écailles ouvertesEau froide, écailles refermées
ChaleurUtile pour ouvrir la cuticuleÀ éviter, aggrave l’ouverture

Pour les cheveux peu poreux, appliquez les soins sur fibre humide et tiède : la chaleur douce entrouvre les écailles serrées. Fuyez les huiles lourdes et les silicones qui s’accumulent en surface. Un shampooing clarifiant occasionnel retire le film résiduel qui empêche l’eau d’entrer. Terminez à l’eau tiède, pas froide, pour ne pas verrouiller une cuticule déjà trop fermée.

Pour les cheveux à forte porosité, la priorité est de retenir ce que la fibre absorbe si vite. La méthode LOC ou LCO fonctionne bien : superposer un leave-in aqueux, une huile puis une crème occlusive pour piéger l’eau. Nappyboucles recommande un apport régulier de protéines et de kératine pour recombler les cuticules fragilisées, en alternance avec des huiles végétales denses comme le karité ou le ricin. Un bain d’huile de coco avant shampooing sature le cortex et limite la perte de protéines au lavage. Rincez à l’eau froide pour resserrer les écailles. Le détail des textures se joue dans le choix des huiles naturelles selon le type de cheveux.

La porosité moyenne demande surtout de l’entretien préventif : soins hydratants doux, protection thermique, et vigilance sur les agressions pour rester dans cette zone confortable. Les gestes d’entretien au quotidien suffisent à préserver cet équilibre.

Un repère utile vaut pour tous les niveaux : après un lavage bien mené, un cheveu correctement soigné démêle sans effort, garde sa souplesse et retrouve de la brillance en séchant. Si vos longueurs restent rêches malgré des soins réguliers, ce n’est pas la quantité de produit qui pèche, mais son adéquation à votre porosité. Changez la texture avant d’augmenter les doses. Un flacon plus riche sur cheveu peu poreux ne fera qu’aggraver l’effet gras, là où une formule plus légère aurait enfin pénétré.

Quand la porosité justifie un diagnostic professionnel

Le test maison suffit pour orienter une routine, mais un cheveu très abîmé, cassant par plaques ou aux longueurs mousseuses, mérite un œil expert. Un coiffeur évalue la cuticule à la loupe, distingue une forte porosité localisée d’une porosité globale, et cible le soin en cabine plutôt qu’un protocole à l’aveugle.

Sur cheveux très poreux et déjà colorés, la marge d’erreur se réduit : un soin trop riche en protéines rigidifie la fibre, un excès d’hydratation la ramollit. Cet équilibre protéines-hydratation se règle mieux avec un professionnel qui teste la réaction du cheveu, notamment avant un soin réparateur sur cheveux très abîmés. Une porosité mal lue mène souvent à empiler des produits inefficaces pendant des mois, avec un budget qui grimpe sans résultat visible sur la fibre.

Prochaine étape : faites le test du verre ce soir sur un cheveu propre, notez la position, puis ajustez une seule variable de votre routine, la texture de vos soins ou la température du rinçage. Un cheveu réagit en trois à quatre lavages.

Sources : Franck Provost, Revlon Professional, Schwarzkopf, La Bouclette, Nappyboucles (2026).